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Chronique 442ème rue du 01/06/2016

Lien vers la chronique originale

Les niortais d’Electric Beans n’ont pas un parcours banal. Pour leur deuxième album, plutôt que d’entrer à nouveau en studio, comme tout le monde, ou presque, ils préfèrent sortir un live.

Ne serait-ce pas un tantinet prématuré les gars ?

En même temps, ils n’ont pas pris beaucoup de risque, ce live, ils l’ont enregistré chez eux (enfin non, pas chez eux, sûrement trop petit, je veux dire dans leur ville), face à groin avec un public déjà conquis, probablement de longue date, genre famille, copains d’avant, fans de la première heure. Certes, ça ne vaut pas un bon live trafiqué à Bercy ou à Wembley, mais là, au moins, les acclamations ont l’air bien réelles

Clairement, avec cet album, les Electric Beans se sont fait plaisir. Il y a gros à parier qu’il devrait provoquer quelques orgasmes impromptus chez les plus émotifs de leurs affidés, de préférence parmi ceux qui étaient présents ce 18 avril 2015 au pied de la scène plutôt que de s’avachir benoîtement devant “The voice” ou Patrick Sébastien (France, ta culture fout le camp, faut te faire une raison). Certes oui… Après, quand on ne fait pas partie du premier cercle des intimes du groupe, ce live ne me paraît pas si indispensable que ça. Les Electric Beans donnent dans un rock plutôt musclé, c’est entendu, mais pas non plus dans le punk ni dans le métal parfois avancés pour justifi er auprès de leurs belles leurs absences répétées les week-ends de concert alors qu’il y a la pelouse à tondre ou 2-3 étagères Ikea à monter. Ce live n’a rien de renversant, trop passe-partout, un disque qui présente un groupe compétent mais sans le grain de folie qui fait la différence. J’ai nettement préféré leur premier album studio paru fi n 2014, justement parce que le travail de studio permet de donner de l’ampleur, du grain, du relief, chose qui tombe souvent à plat sur un disque live. Mais je me dois d’avouer je suis assez peu fan des disques en public. Un concert, c’est bien à vivre en direct, sur le moment, en trois dimensions. Sur disque, il manque forcément l’aspect charnel, organique, sensoriel du vrai concert, ce qui en fait un évènement, au sens premier du terme, unique et éphémère, qu’il soit raté ou réussi d’ailleurs. Le disque live ne peut être qu’un palliatif, pas une fin en soi. Les Electric Beans ayant, semble-t-il, déjà enregistré leur deuxième album studio, il me paraît judicieux d’attendre sa parution pour confi rmer les promesses du premier, ce live pouvant alors être considéré comme la cacahuète ou la pistache qui accompagne l’apéro en attendant le plat principal, fût-ce une simple pizza ou un banal jambon-purée