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Chronique la 442ème rue du 13/01/2017

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ELECTRIC BEANS : De retour en noir (CD, Mogettes Prod) On n’arrête plus les Electric Beans. 3 albums en 2 ans, Stakhanov va finir par passer pour une petite bite. Ou plutôt une petite saucisse, ça se marie mieux avec les haricots. D’accord, sur 3 albums, il y a bien eu un live assez anecdotique, n’empêche, sortir un disque, a fortiori en autoproduction, ça reste du boulot, surtout en amont. La sortie, finalement, ça n’est qu’une délivrance avant d’attaquer la promotion. Et quand, de toute façon, on n’a aucune chance d’être invité au 20 heures de TF1 pour présenter son chef d’oeuvre, la promo, ça va, ça se cantonne essentiellement aux concerts. Et ça, les Electric Beans, comme tout groupe qui se respecte, ils savent faire. D’où, justement la sortie du live sus-mentionné. Néanmoins, je persiste et signe. Pour l’auditeur lambda, moi par exemple (je sais, je suis partial et, en plus, égocentrique, c’est pour ça que j’évoque ma modeste personne), qui n’a jamais vu les Electric Beans en lard, en sauce et en cosse, les albums studio c’est quand même mieux. C’est là qu’on peut apprécier l’humour potache et acide du groupe, une de ses grandes forces, même si, musicalement, ce ne sont pas vraiment des manches non plus. Les Electric Beans, bien qu’ils ne fassent ni du hard-rock, ni du heavy-metal, ni du death-core-machin-truc, semblent cependant avoir une prédilection certaine pour ce genre de musique bravache, m’as-tu-vu et souvent adepte de gonflette intellectuelle. C’est ce qui ressort en tout cas de leurs textes foncièrement sidérurgistes. Et de l’artwork de cet album, au reste très réussi. J’adore tous ces petits haricots anthropomorphes qui nous rappellent forcément quelqu’un. Pour la musique, disons qu’on est plutôt dans un rock musclé, ce qui nous sauve au moins des fadasseries généralement inhérentes à l’usage du français dans le texte, souventefois associé à Maurice Chevalier, Mireille Mathieu, Didier Barbelivien ou Maître Gims, c’est dire si on l’a échappé belle. Quand on pense que ce sont les ex chœurs de l’Armée Rouge qui ont récemment été décimés par un Tupolev récalcitrant, ça ne voulait pas arriver à la cour servile de Michel Drucker. Ce ne sont jamais les plus mauvais qui partent en premier. Je remarque en tout cas que les Electric Beans, prévoyants et se considérant probablement comme appartenant à la catégorie de ceux qui ont tendance à lâcher la rampe prématurément, ont quand même tout prévu en cas de malheur et de rappel anticipé auprès de la camarde, ils ont déjà commandé le corbillard, creusé la tombe et rameuté les métalleux zombies qui sommeillent en chaque cimetière, histoire de guincher comme des malades les nuits de pleine lune ou de sabbat. Z’ont même prévu les gogues, c’est pas parce qu’on a chatouillé les Parques avec trop d’insolence qu’on ne va pas se torcher à la 8°6 dans l’autre monde. Et pour être certains que leurs légataires universels sont au courant de leurs desiderata posthumes, ils ont clairement affi ché leurs antépénultièmes volontés sur la pochette de leur album. Comme une carte de donneur d’organes mais en plus explicite. Le genre de truc dont on espère qu’il servira le plus tard possible quand même. Pour l’instant, les Electric Beans semblent relativement bien portants, pas trop d’inquiétude de ce côté donc. Ca n’est pas encore la fi n des haricots, uh uh uh !!! Désolé, mais celle-là, je ne pouvais décemment pas la rater au risque de griller une réputation durement façonnée à la force de mon humour de Prisunic (ah non, merde, Prisunic, ça n’existe plus, c’est vrai, Juppé est déjà passé pour un ringard avec çà, pfff ! mais un humour de Leader Price, je ne sais pas pourquoi, ça n’a pas la même saveur).